Affaire « Ami la Conseillère » : la marchande condamnée à un an de prison et 5 millions d’amende

Le tribunal de première instance de Dixinn a tranché, ce mardi 24 mars 2026, dans l’affaire impliquant Aminata Touré, alias « Ami la Conseillère ».

Poursuivie pour ‘’injures publiques et violences physiques’’ à la suite d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, cette commerçante a été reconnue coupable et condamnée à un an d’emprisonnement avec sursis, assorti d’une amende de cinq millions de francs guinéens.

Selon les faits présentés à l’audience, l’affaire remonte à la diffusion d’images montrant la prévenue en train d’humilier une femme âgée. Une scène qui avait provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et conduit à son interpellation puis à son jugement en flagrant délit. Pour le ministère public, ces actes constituent à la fois une atteinte grave à la dignité humaine et un trouble à l’ordre public.

À la barre, Aminata Touré a, dans un premier temps, gardé le silence, se limitant à demander la clémence du tribunal. Invitée à s’expliquer, elle a finalement évoqué un différend antérieur avec la victime portant sur un bazin. Elle a indiqué que le litige avait été réglé à l’amiable par sa supérieure, avant qu’un nouvel incident lié à la disparition présumée d’une robe ne vienne raviver les tensions.

Reconnaissant avoir diffusé la vidéo incriminée, la prévenue a soutenu avoir agi dans le but de dissuader d’éventuels comportements similaires. Un argument rejeté par le parquet, qui a rappelé que les réseaux sociaux ne sauraient se substituer à la justice et que tout différend doit être porté devant les autorités compétentes.

Dans ses réquisitions, le ministère public a insisté sur la gravité des faits, notamment en raison de leur diffusion à grande échelle via les plateformes numériques. Il a également souligné le caractère humiliant de la scène pour la victime, exposée publiquement.

Après délibération, le tribunal a requalifié les faits au regard de la législation sur la cybercriminalité et retenu la culpabilité de la prévenue. Il a toutefois prononcé une peine avec sursis et infligé une amende inférieure à celle requise par le parquet.

Cette décision remet au cœur du débat la question de l’usage des réseaux sociaux, de plus en plus utilisés comme des espaces d’exposition et de règlement de comptes. Un phénomène qui interpelle sur la nécessité de responsabiliser davantage les utilisateurs face aux conséquences de leurs publications.

Kadiatou N’Diaye