DCI : Moussa Condé s’explique sur les raisons de son limogeage

L’ancien Directeur général de la Direction de la Communication et de l’Information (DCI), Moussa Condé, a publié, dimanche 22 mars 2026s, une vidéo sur les réseaux sociaux pour revenir sur les circonstances de son éviction à la tête de ce service stratégique de la Présidence de la République.

Dans cette intervention, il livre sa version des faits et reconnaît plusieurs manquements graves dans l’exercice de ses fonctions, assumant la décision ayant conduit à son limogeage.

Dans cette déclaration, Moussa Condé admet des comportements qu’il qualifie lui-même de fautifs ;

« Je tiens à vous informer des véritables causes de mon limogeage, que vous avez suivi à la télévision. Beaucoup de personnes ont fait des spéculations. Aujourd’hui, il est important pour moi de vous livrer clairement ma part de vérité sur les faits qui ont conduit à cette situation.

Premièrement, en tant que Directeur de la Communication et de l’Information (DCI), je tentais de soutirer des informations confidentielles au niveau de la Présidence afin de les divulguer à certains blogueurs, ce qui n’est pas digne d’un responsable à ce poste.

Ensuite, j’entretenais des contacts réguliers avec certains membres du gouvernement de l’ancien régime, ce qui est également inapproprié, compte tenu de mes responsabilités au sein d’une institution aussi sensible que la Présidence de la République.

Par ailleurs, un élément a particulièrement éveillé les soupçons. Un soir, j’ai eu un échange téléphonique avec un garde du corps du Président de la République, nommé Kondébily. Il m’a contacté pour me demander de l’argent. Je lui ai fait parvenir une somme de 500 000 GNF. Au cours de cet échange, je lui ai demandé de rester attentif à toute information sensible concernant ma personne auprès du Chef de l’État et de m’en informer. Cet appel a été intercepté, ce qui a marqué le début de mes difficultés. J’ai ensuite été convoqué, et mon téléphone a été confisqué. Les vérifications ont révélé des échanges plus importants que j’entretenais avec des marabouts, dans le but d’obtenir des faveurs ou un positionnement auprès du Président. Ces derniers m’avaient même proposé des pratiques traditionnelles, ce qui constitue des agissements inappropriés, surtout dans un cadre lié à la Présidence. Par ailleurs, mon comportement au bureau a également été mis en cause. J’entretenais des fréquentations inappropriées avec certaines femmes dans mon espace de travail, ce qui est indigne d’un cadre de ce niveau. Un autre problème majeur concernait la gestion de mon équipe au sein de la DCI. Plusieurs collaborateurs ont exprimé leur frustration face au non-paiement, à certains moments, de leurs primes après les activités. Lorsque l’ensemble de ces faits a été porté à la connaissance du Chef de l’État, il a pris ses responsabilités en décidant de me limoger. Je reconnais aujourd’hui que j’ai commis des fautes. J’en assume l’entière responsabilité et j’accepte les conséquences de mes actes. », a-t-il déclaré.

Cette sortie publique, rare par sa franchise, relance le débat sur l’éthique et la responsabilité au sommet de l’administration.

Pour rappel, Moussa Condé avait été limogé pour faute lourde par décret présidentiel en date du vendredi 20 mars 2026, une décision qui avait alors suscité de nombreuses interrogations, restées sans explication officielle détaillée jusqu’à cette prise de parole.

 

Kadiatou N’Diaye