Le président Mamadi Doumbouya a annoncé mardi une série de mesures pour faire face à la crise de liquidités qui affectent le système bancaire et financier du pays, selon le site d’information Guinée114.
Lors d’une visite inopinée à la Primature, où le Premier ministre présidait un conseil interministériel, le chef de l’État a donné des instructions fermes pour accélérer la bancarisation des agents de l’État. Les services publics qui ne se sont pas encore conformés à cette directive disposent d’un délai maximum de trois mois pour finaliser le processus.
Les autorités ont également décidé que les importations devront désormais être réglées exclusivement par virement bancaire. Les importateurs devront fournir, au niveau des services douaniers, la preuve de paiement afin de renforcer la traçabilité des transactions et limiter la circulation d’importantes quantités d’espèces.
Parmi les mesures les plus marquantes figure l’introduction d’une nouvelle coupure de 50.000 francs guinéens par la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), destinée à faciliter les transactions. Un moratoire de deux mois pourrait également être accordé pour l’échange des billets de 5.000 et 10.000 francs guinéens dans les établissements bancaires.
Le président a par ailleurs insisté sur la levée des tracasseries administratives qui freinent les opérateurs économiques. Il a appelé des structures comme la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) à ne pas entraver le fonctionnement normal des entreprises.
Ces mesures interviennent dans un contexte de difficultés persistantes d’accès aux liquidités, régulièrement dénoncées par les acteurs économiques.
Si l’introduction de la nouvelle coupure et le renforcement de la bancarisation devraient fluidifier les transactions, plusieurs observateurs soulignent que la résolution durable de la crise de liquidités nécessitera également un renforcement de la confiance dans le système bancaire et une meilleure formalisation des circuits économiques.
Kadiatou N’Diaye