TPI Dixinn : un an de prison requis contre un ressortissant poursuivi pour « escroquerie »

Un an de prison ferme et une amende de dix millions de francs guinéens ont été requis mardi au tribunal de première instance de Dixinn, à Conakry, contre un ressortissant indien, Sudhanshu Das, poursuivi pour une présumée escroquerie portant sur plusieurs conteneurs de noix de cajou.

Lors de l’audience correctionnelle consacrée aux réquisitions et plaidoiries, le ministère public a estimé que l’infraction était constituée, reprochant au prévenu d’avoir, par des manœuvres frauduleuses, obtenu la remise de quatre conteneurs de noix de cajou destinés à l’exportation vers la Suisse.

Selon l’accusation, les faits ont causé un préjudice financier à deux opérateurs économiques guinéens : Alpha Oumar Bah, dirigeant de la société AOB SA, et Ahmed Traoré, responsable de la société Traoré Négoce. Les parties civiles évaluent le montant total du litige à plus de 300.000 dollars américains.

Alpha Oumar Bah réclame un préjudice estimé à 94.400 dollars, tandis qu’Ahmed Traoré affirme avoir perdu plus de 200.000 dollars. Les deux sociétés demandent au total 5 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.

Le prévenu conteste l’ensemble des accusations et soutient ne rien devoir aux plaignants.

À la barre, les avocats des parties civiles ont soutenu que Sudhanshu Das avait personnellement orchestré l’opération. Me Mohamed Soumah a affirmé que « l’intention frauduleuse est établie », estimant que le prévenu avait négocié les contrats, modifié le mode de paiement et organisé la livraison des marchandises sans paiement préalable.

Me Lancinet Sylla a, de son côté, insisté sur le rôle central du prévenu, présenté comme directeur des opérations et des finances de la société impliquée. Selon lui, Sudhanshu Das aurait abusé de cette qualité, réelle ou supposée, pour convaincre les plaignants et obtenir la remise des marchandises.

Dans ses réquisitions, le substitut du procureur, Youssouf Fofana, a estimé que, quelle que soit la nature de la qualité invoquée par le prévenu, les manœuvres frauduleuses ont conduit à la remise effective des conteneurs.

Le parquet a également requis le remboursement intégral des sommes dues, l’émission d’un mandat de dépôt à l’audience, l’interdiction de sortie du territoire national, ainsi que la publication de la décision dans cinq organes de presse aux frais du prévenu.

À l’opposé, la défense a plaidé la relaxe pure et simple. Me Amara Ibrahima Soumah a soutenu que les faits ne sont pas imputables à son client et a demandé au tribunal de déclarer irrecevable la constitution de partie civile des sociétés AOB SA et Traoré Négoce.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le jugement est attendu le 3 mars 2026.

Cette affaire illustre les tensions récurrentes autour des transactions commerciales internationales dans la filière de la noix de cajou, secteur stratégique mais exposé à des litiges liés aux garanties de paiement et à la sécurisation des échanges.

Kadiatou N’Diaye