Un ressortissant suisse d’origine indienne, Sudhanshu Das, a comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Kaloum, à Conakry, pour des faits présumés d’escroquerie portant sur un montant de 396 000 dollars américains, dans le cadre d’une affaire d’exportation d’acajou vers l’Inde, a constaté un journaliste.
En séjour d’affaires en Guinée, le prévenu est poursuivi par deux opérateurs économiques guinéens, Ahmed Traoré et Alpha Oumar Bah, vendeurs et exportateurs d’acajou, qui l’accusent d’avoir détourné des fonds issus de plusieurs transactions commerciales.
Selon les plaignants, les relations contractuelles avaient pourtant débuté normalement, les premières expéditions ayant été réglées conformément aux accords conclus.
La situation se serait détériorée lorsque la confiance entre les partenaires s’est installée, conduisant, selon eux, Sudhanshu Das à contourner les circuits bancaires habituels en bloquant les paiements et en exigeant l’envoi direct des documents commerciaux nécessaires à la sortie des conteneurs au port.
À la barre, Ahmed Traoré a expliqué que le mis en cause se présentait initialement comme directeur des opérations et des finances, avant de se définir ultérieurement comme simple consultant indépendant, une évolution de statut jugée « trompeuse » par la partie civile.
Un autre témoin, Kodjo Simplis, de nationalité béninoise et impliqué dans la transaction en tant qu’intermédiaire rémunéré, a confirmé que seules les dernières expéditions n’avaient pas été payées.
« Les premières opérations se sont déroulées normalement. Les difficultés sont apparues lorsque la procédure bancaire a été contournée (…) », a-t-il déclaré.
Interpellé puis conduit à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), Sudhanshu Das aurait sollicité un règlement à l’amiable et ordonné le versement immédiat de 40 000 dollars, un geste que la partie civile considère comme un aveu partiel de responsabilité.
Pour Me Amadou Diallo, avocat des plaignants, il s’agit d’« une affaire caractérisée d’escroquerie », impliquant « des manœuvres organisées » ayant causé un préjudice financier estimé à 396 000 dollars.
Selon lui, les fonds concernés appartiennent en réalité aux producteurs locaux d’acajou, dont les revenus dépendaient de ces exportations.
« Derrière les exportateurs, ce sont des centaines de producteurs qui attendent leur argent (…) », a-t-il insisté.
La défense n’a pas souhaité s’exprimer à l’issue de l’audience. Le tribunal a renvoyé l’affaire à une prochaine audience pour la poursuite des débats.
Cette affaire, suivie de près par les acteurs de la filière acajou, met en lumière les risques auxquels sont exposés les exportateurs guinéens dans un secteur clé de l’économie nationale, encore marqué par une forte vulnérabilité contractuelle.
Kadiatou N’Diayé
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