Le procès en appel de l’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire, Dr Ibrahima Kourouma, et de son coaccusé Mohamed V Sankhon est entré mardi dans sa phase de plaidoiries et de réquisitions devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), a constaté un journaliste de Conakry Infos.
Les avocats de l’État guinéen, constitués partie civile, ont ouvert les débats. Me Pépé Antoine Lamah et Me Faya Gabriel Kamano ont demandé à la Cour d’infirmer partiellement le jugement de première instance, notamment la relaxe prononcée en faveur de Dr Kourouma pour les faits de détournement de deniers publics, et de le déclarer coupable de cette infraction.
Ils ont également sollicité sa condamnation conformément aux réquisitions du ministère public et réclamé la restitution à l’État guinéen des sommes estimées détournées, soit plus de 612 milliards de francs guinéens ainsi que 12 millions de dollars américains.
Les conseils de la partie civile ont en outre requis la confiscation de l’ensemble des biens du prévenu, sans en préciser la nature, et le paiement de 5 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.
Le ministère public a indiqué avoir interjeté un appel incident et a requis la confirmation du jugement de première instance dans toutes ses dispositions.
La défense, pour sa part, a plaidé la relaxe pure et simple de son client, estimant qu’aucun élément probant ne permettait d’établir ni de quantifier l’enrichissement illicite qui lui est reproché.
En dernier mot, Dr Ibrahima Kourouma a déclaré s’en remettre à la sagesse de la Cour.
À l’issue des débats, le président de la chambre des appels, le juge Francis Kova Zoumanigui, assisté de ses conseillers, a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le mardi 10 février.
Pour rappel, Dr Ibrahima Kourouma avait été condamné le 14 mai 2024 par la chambre de jugement de la CRIEF à 4 ans d’emprisonnement pour enrichissement illicite, avec confiscation de l’essentiel de ses biens, tout en étant relaxé du chef de détournement de deniers publics.
L’affaire s’inscrit dans la campagne de lutte contre la corruption engagée par les autorités de transition depuis le coup d’État de septembre 2021.
Kadiatou N’Diaye