Le tribunal de première instance de Siguiri a ouvert mardi le procès de quatre ressortissants chinois poursuivis pour exploitation aurifère illégale, dégradation de l’environnement et séjour irrégulier en Guinée, a constaté un journaliste de Conakry Infos.
L’affaire concerne la zone de Fadakolon, dans la préfecture de Siguiri (nord-est de Guinée), riche en or et régulièrement touchée par l’orpaillage non autorisé.
Les prévenus sont accusés d’avoir conduit des activités d’extraction sans titres miniers valides et d’avoir utilisé des engins causant des dommages aux sols et aux cours d’eau, selon le ministère public.
À l’audience, les quatre mis en cause ont reconnu les faits qui leur sont reprochés, avant que la juridiction ne renvoie l’examen du dossier au 20 janvier afin de permettre au parquet et aux avocats de préparer réquisitions et plaidoiries.
Le parquet a rappelé que les poursuites portent également sur des infractions liées au séjour irrégulier sur le territoire guinéen, les accusés ne disposant pas, selon l’accusation, des documents administratifs requis.
Ce procès intervient dans un contexte de fermeté affichée par les autorités face aux activités minières non déclarées. Le gouvernement a, ces derniers mois, multiplié les mises en garde contre les exploitations illégales, évoquant des pertes économiques pour l’État et des risques environnementaux majeurs. Les équipements utilisés sans autorisation sont désormais passibles de saisie.
Siguiri demeure l’un des foyers de l’orpaillage artisanal et industriel non réglementé, où les impacts sur les écosystèmes locaux et l’accès à l’eau potable suscitent une vive inquiétude des communautés.
Cette procédure ravive les débats sur l’exploitation illégale de l’or dans la région, où la présence d’acteurs étrangers — notamment de ressortissants chinois — est régulièrement signalée.
Les observateurs suivront de près l’issue du procès, perçue comme un test de la capacité des autorités à encadrer un secteur sensible tout en faisant respecter la loi et la protection de l’environnement.
Kabasaran Camara et Boua King