Le gouvernement guinéen a annoncé une série de mesures sécuritaires exceptionnelles à la veille de l’élection présidentielle prévue dimanche 28 décembre, incluant la fermeture temporaire des frontières et de larges restrictions de circulation, selon un arrêté du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.
Dans le cadre de ces dispositions, « toutes les frontières terrestres et maritimes » de la Guinée seront fermées du samedi 27 décembre à minuit jusqu’au dimanche 28 décembre à minuit, tandis que les frontières aériennes seront fermées dimanche de 5h00 à 20h00, précise l’arrêté signé par le ministre Ibrahima Kalil Condé.
Le gouvernement justifie ces mesures par la nécessité d’« assurer le bon déroulement du scrutin, la sécurité des électeurs et le maintien de l’ordre public » sur l’ensemble du territoire national.
Le jour du vote, de 6h00 à 18h00, plusieurs interdictions entreront également en vigueur.
Tout attroupement non autorisé à proximité des bureaux de vote sera proscrit, de même que le port d’armes, y compris celles détenues légalement, dans les périmètres des centres de vote. Toute activité susceptible de troubler l’ordre public est également interdite.
L’arrêté prévoit en outre une interdiction générale de circulation de tous les engins roulants – véhicules automobiles, motos et tricycles – sur l’ensemble du territoire national durant la même plage horaire.
Certaines catégories de véhicules sont toutefois exemptées de cette restriction, notamment ceux des forces de défense et de sécurité, de la Direction générale des élections (DGE), de l’Observatoire national de surveillance des élections (ONASUR), ainsi que les ambulances et les véhicules de secours et d’urgence.
Des laissez-passer codifiés pourront être délivrés à titre exceptionnel à certains usagers en cas de nécessité dûment justifiée, sur autorisation du Poste de commandement opérationnel de sécurité intérieure (PCO-SI) ou de la DGE.
Le texte avertit que toute violation de ces mesures exposera les contrevenants aux sanctions prévues par les lois et règlements en vigueur.
Les autorités administratives locales et les responsables des forces de défense et de sécurité ont été chargés de veiller à leur stricte application.
Ces restrictions, fréquentes lors des scrutins majeurs en Guinée, traduisent la volonté des autorités de prévenir toute tension électorale dans un contexte politique particulièrement sensible.
Mohamed Sylla