La lutte contre les maladies non transmissibles (MNT) était au cœur d’un atelier de plaidoyer tenu le mardi 23 décembre 2025 dans un complexe hôtelier de Conakry.
La rencontre a réuni une vingtaine de décideurs publics, experts de la santé, partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants de la société civile autour de communications techniques, d’échanges et de recommandations.
Organisé par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, à travers la Direction nationale de l’épidémiologie et de la lutte contre la maladie (DNELM), l’atelier visait à renforcer l’engagement des différents acteurs dans la prévention et la prise en charge des MNT, désormais considérées comme un défi majeur de santé publique et de développement en Guinée.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par plusieurs messages institutionnels rappelant la progression préoccupante des maladies non transmissibles telles que l’hypertension artérielle, le diabète, les maladies cardiovasculaires, les cancers et les affections respiratoires chroniques.
Les organisateurs ont insisté sur la nécessité d’un plaidoyer soutenu afin d’inscrire durablement la lutte contre ces pathologies parmi les priorités nationales de santé.
Dans son intervention, Dr Haby Dieng, chargée de la prévention et du contrôle des maladies à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Guinée, a dressé un tableau alarmant de la situation mondiale et nationale des MNT, soulignant leur impact bien au-delà du seul secteur sanitaire.
« Les maladies non transmissibles ne sont plus seulement un enjeu de santé publique. Elles constituent un véritable défi économique et social, affectant les populations en âge de travailler, réduisant la productivité et freinant durablement le développement du pays », a-t-elle déclaré.
Elle a également appelé à une réponse collective et multisectorielle, insistant sur l’implication du secteur privé.
« Le secteur public ne peut agir seul. La lutte contre les MNT exige une réponse multisectorielle dans laquelle le secteur privé a un rôle essentiel à jouer », a-t-elle affirmé, avant de souligner l’urgence d’agir en amont.
« Les maladies non transmissibles progressent silencieusement mais rapidement. Investir dans la prévention, la promotion des modes de vie sains et le dépistage précoce est aujourd’hui indispensable pour réduire leur impact », a ajouté Dr Haby Dieng, réaffirmant l’appui technique de l’OMS à la Guinée.
Pour sa part, Dr Djibri Conté, représentant le Directeur national de l’épidémiologie et de la lutte contre la maladie a mis en lumière la situation épidémiologique nationale et les efforts engagés par l’État face à la transition sanitaire en cours.
« La Guinée est confrontée à une transition épidémiologique rapide : les maladies non transmissibles progressent silencieusement, tandis que les troubles de santé mentale demeurent insuffisamment visibles, compris et pris en charge », a-t-il indiqué.
Il a également relevé les défis structurels persistants, notamment en matière de prévention, de dépistage et de disponibilité des données sanitaires, avant de lancer un appel à la mobilisation collective.
« L’État ne peut et ne doit pas agir seul. L’implication du secteur privé dans la prévention, le bien-être au travail et l’innovation sociale est aujourd’hui indispensable », a-t-il insisté, plaidant pour un renforcement de la coordination, des ressources et des partenariats durables.
Les échanges ont permis aux participants d’aborder les enjeux liés à la prévention, à l’accès équitable aux soins et au financement de la lutte contre les MNT.
Le rôle des médias et de la société civile dans la sensibilisation des populations aux principaux facteurs de risque — tabagisme, mauvaise alimentation, sédentarité et consommation nocive de l’alcool — a été largement souligné.
En clôture, plusieurs recommandations ont été formulées en vue d’intensifier le plaidoyer auprès des décideurs, de renforcer les politiques publiques et de promouvoir des actions concrètes et multisectorielles afin de réduire le poids des maladies non transmissibles en Guinée.
Les organisateurs ont exprimé l’espoir que les conclusions issues de cet atelier se traduiront par des mesures durables au bénéfice des populations.
Boua King Kouyaté