Éducation : l’intersyndicale FSPE-SNE menace de reprendre la grève à partir du 5 janvier

L’intersyndicale de l’éducation FSPE-SNE a annoncé lundi, lors d’une assemblée à la Bourse du Travail, qu’elle reprendrait la grève nationale et illimitée à partir du 5 janvier 2026 si le gouvernement ne satisfaisait pas ses revendications, principalement l’engagement massif d’enseignants contractuels.

Le secrétaire général adjoint par intérim de la FSPE, Alpha Gassim Barry, a accusé le gouvernement de « mauvaise foi » et de « manœuvres dilatoires » lors des dernières négociations.

« Ils veulent seulement nous distraire. […] En réalité, jusqu’ici le gouvernement est de mauvaise foi », a-t-il déclaré devant les travailleurs.

Parmi les 15 points de revendications réitérés figurent notamment :

  1. La signature et l’application du Statut particulier de l’Éducation.
  2. L’engagement sans conditions des enseignants contractuels.
  3. La titularisation des enseignants admis au concours dit « tablette ».
  4. La prise en charge médicale des femmes et enfants des enseignants.
  5. Le paiement des arriérés de salaires et primes dus à diverses catégories de personnels.

Alpha Gassim Barry a précisé que le secteur avait besoin d’environ 19 000 enseignants, un besoin que le gouvernement, selon lui, ne prend pas à sa juste mesure.

« On a besoin de 19 mille enseignants, ce n’est pas la mer à boire (…) », a-t-il lancé.

Il a également mis en garde contre toute menace à l’encontre des enseignants contractuels et affirmé que la mobilisation bénéficiait du soutien des parents d’élèves.

« La grève est un droit constitutionnel », a-t-il rappelé, appelant à une « révolution syndicale ».

Le mouvement syndical exige une réponse concrète avant la date butoir du 5 janvier, faute de quoi une grève générale illimitée sera déclenchée, risquant de perturber la reprise des classes après les fêtes.

Cette menace de grève illimitée intervient dans un contexte social tendu en Guinée, où le secteur éducatif cristallise depuis des mois des tensions entre l’État et les syndicats, sur fond de précarité enseignante et de demandes de réforme structurelle. Elle place le gouvernement devant un défi de taille à l’orée d’une nouvelle année scolaire.

Kadiatou N’Diaye