Un jeune Guinéen de 34 ans, Adama Condé, connu sous le surnom d’« Adamo », a été mortellement blessé par des tirs policiers dans la nuit de dimanche à lundi à Namur, en Belgique.
Les faits ont provoqué une vive émotion au sein de la communauté guinéenne et ont donné lieu à une manifestation d’environ 300 personnes mardi soir.
Selon les premiers éléments communiqués par la police belge, l’intervention des forces de l’ordre est survenue vers 22h00 près de la gare de Namur, suite à une altercation impliquant un couteau.
Adama Condé, qui souffrait de troubles psychiatriques, aurait résisté à son interpellation et frappé des policiers à la tête avec son téléphone portable.
Après l’échec de l’utilisation de gaz lacrymogène, des policiers ont ouvert le feu, touchant la victime à trois reprises.
Des vidéos diffusées par des médias locaux montrent l’homme titubant après les tirs avant de s’effondrer. Il a été menotté sur place et est décédé peu après.
Mardi soir, le Haut Conseil des Africains de la province de Namur, soutenu par le Collectif antifasciste namurois, a organisé un rassemblement devant l’hôtel de ville. Environ 300 personnes ont défilé dans le centre-ville pour réclamer « justice et vérité ».
Plusieurs manifestants ont dénoncé un usage disproportionné de la force, certains qualifiant l’intervention de « crime raciste ».
Une participante, Mélanie, a déclaré : « Sur les images, on voit qu’Adama lève les bras et ouvre les mains pour montrer qu’il n’est pas armé. Les policiers auraient pu utiliser leurs tasers. »
La marche, initialement statique, a donné lieu à des tensions : des coups ont été portés sur un véhicule de police.
De son côté, l’ambassade de la République de Guinée à Bruxelles a réagi par un communiqué officiel exprimant sa « profonde tristesse » et présentant ses condoléances à la famille de la victime.
Une délégation diplomatique s’est rendue sur place à Namur mardi pour rencontrer les autorités belges, recueillir les éléments du dossier et apporter une assistance consulaire aux proches.
L’ambassade appelle ses ressortissants à « faire preuve de calme et de sens des responsabilités » et annonce qu’elle suit le dossier « avec la plus grande attention ».
Une enquête a été ouverte par la police judiciaire fédérale et le Comité P (organe de contrôle externe des services de police) pour déterminer si l’usage des armes à feu était légitime.
Cette affaire intervient dans un contexte de forte sensibilité en Belgique et en Europe autour des interventions policières et des accusations de violences racistes.
Elle souligne également le rôle des diasporas et des représentations diplomatiques dans la défense et l’accompagnement de leurs ressortissants à l’étranger.
Kadiatou N’Diaye