Le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation a appelé dimanche les chefs d’établissement à assurer la « continuité pédagogique », à la veille d’une grève générale et illimitée annoncée par l’intersyndicale de l’éducation à partir du 1er décembre.
Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le département dirigé par Jean Paul Cédy dit prendre acte de la « volonté exprimée » par les trois organisations syndicales — SLECG, SNE et FSPE — de poursuivre les négociations en cours, centrées notamment sur l’amélioration des conditions de travail et la revalorisation des statuts du personnel enseignant.
Le ministère invite néanmoins les administrations scolaires à « prendre toutes les dispositions nécessaires » pour maintenir les cours dans un climat de « calme, discipline et sérénité », malgré la paralysie annoncée dans les écoles publiques.
Une médiation de la société civile a été engagée dimanche pour tenter de rapprocher les positions.
Les dirigeants syndicaux se disent disposés à lever leur mot d’ordre si le gouvernement présente des garanties jugées suffisantes. Mais dimanche soir, aucune percée significative n’avait été enregistrée.
Cette montée de tension intervient alors que la Guinée est engagée dans un processus électoral sensible, un contexte dans lequel les autorités souhaitent éviter tout mouvement susceptible d’accroître la fragilité sociale.
Les syndicats, eux, affirment vouloir dissocier leurs revendications professionnelles de toute lecture politique.
Le ministère assure rester ouvert à un dialogue « responsable » en vue de solutions « durables » pour le système éducatif.
Cette prise de position du ministère de l’Enseignement pré-universitaire, qui appelle à assurer les cours malgré une grève déjà très suivie lors de précédents mouvements, illustre la volonté de l’exécutif de contenir toute forme d’instabilité à l’approche l’élection présidentielle, prévue le 28 décembre.
Kadiatou N’Diaye