Les forces de sécurité ont interpellé ces derniers jours dix personnes soupçonnées d’appartenir à des réseaux de voleurs à la tire opérant dans plusieurs quartiers de Conakry, a annoncé la police nationale, dans un contexte marqué par une recrudescence d’agressions parfois mortelles commises en pleine circulation.
Depuis plusieurs semaines, des cas de vols à la tire se multiplient sur les axes Kissosso-Wanindara, Lambanyi-Yattayah, mais aussi dans les zones de Hamdallaye, Bambeto, Cosa ou Dar-es-Salam.
Plusieurs victimes, attaquées à moto, en tricycle ou à bord de véhicules de transport en commun et privés, ont perdu la vie après avoir chuté ou résisté à leurs agresseurs, selon des témoignages recueillis sur place par les autorités.
Dans un communiqué, la Direction générale de la police nationale (DGPN) indique que la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), appuyée par d’autres unités spécialisées, a renforcé ses opérations visant à identifier et démanteler ces groupes de malfaiteurs.
Le 9 novembre 2025, vers 21h, une patrouille de la Brigade anti-criminalité (BAC) N°6 a arrêté à Nongo deux mineurs âgés de 16 et 17 ans, signalés par une clameur publique après un vol à la tire.
Les deux adolescents circulaient à moto au moment de leur interpellation et ont été conduits à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) pour audition.
Selon la police, les mis en cause ont désigné un receleur présumé, Saliou Bah, alias « Espa », 26 ans, arrêté à son tour. Il aurait reconnu avoir acheté quatre téléphones à l’un des mineurs, tout en affirmant ignorer leur provenance frauduleuse.
Parallèlement, les Brigades de répression du banditisme (BRB N°1 et N°2) ont interpellé une dizaine d’individus pour vol aggravé, association de malfaiteurs et recel. Lors de leur audition, plusieurs suspects auraient admis leur implication dans des attaques commises dans divers quartiers de la capitale.
La police précise que les investigations se poursuivent afin de retrouver d’éventuels complices et de vérifier les ramifications de ces réseaux, dont les modes opératoires (souvent en duo à moto) figurent parmi les plus meurtriers recensés ces derniers mois à Conakry.
Les suspects ont été placés en garde à vue en attendant la fin de la procédure et leur possible présentation au procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn.
Mohamed Sylla