À Kindia, les habitants des onze districts de Kinsan, relevant de la sous-préfecture de Linsan, réclament la création d’une sous-préfecture autonome. Leur revendication, formulée lors d’une réunion tenue le mardi 18 novembre 2025, a été officiellement adressée au président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya. Les citoyens affirment être laissés pour compte depuis plusieurs décennies.
Dans un entretien accordé à Conakry Infos, Hadja Mariama Ciré Soumah, citoyenne de Kinsan, a décrit sans détour les conditions de vie difficiles de la localité.
« Nous ne bénéficions d’aucun avantage. Nous n’avons même pas d’électricité alors que nous abritons le barrage de Garafiri, qui continue de produire du courant. Nous avons accepté d’être victimes d’inondations pour permettre au pays d’avoir de l’électricité, mais jusqu’à présent nous n’en bénéficions pas. Nous sommes enclavés et dépourvus d’infrastructures de base. Seul Linsan Centre bénéficie des avantages, et nous sommes laissés pour compte. Je prie le gouvernement du Général Mamady Doumbouya de nous aider à obtenir le courant et notre propre sous-préfecture. Nous sommes situés à 25 km de Linsan Centre. », a-t-elle déclaré.
De son côté, Mohamed Sylla, membre du conseil communal de Linsan, confirme la précarité généralisée dans les districts de Kinsan.
« Si vous réunissez aujourd’hui l’ensemble des 11 districts appelés Kinsan, vous ne trouverez nulle part un centre de santé digne de ce nom. Certains districts n’ont ni école ni poste de santé. Un jour, une femme enceinte a accouché en route, alors qu’elle se rendait à Linsan Centre. Faute d’infrastructures adéquates, nous transportons presque quotidiennement des femmes enceintes jusqu’à Linsan, à 25 km d’ici. C’est un véritable calvaire, surtout avec l’état dégradé de la route. Nous souffrons énormément, nous qui sommes éloignés de Linsan Centre. Je prie Dieu pour que nous obtenions enfin une sous-préfecture. », a-t-il indiqué.
Au-delà des témoignages poignants, la revendication des populations de Kinsan met en lumière un déséquilibre profond dans l’accès aux services sociaux de base au sein même de la sous-préfecture de Linsan.
Alors que certaines localités bénéficient d’infrastructures essentielles, d’autres demeurent dans une marginalisation persistante, malgré leur poids démographique et leur contribution au patrimoine national.
Reste désormais à savoir si cet appel, porté avec détermination, trouvera un écho favorable auprès des autorités de la Transition et relancera le débat sur l’équité administrative et territoriale en Guinée.
Rachid Camara, Kindia, pour ConakryInfos.com