Présidentielle 2025 : les Forces vives dénoncent le « parjure » de Mamadi Doumbouya

Les Forces vives de Guinée (FVG) ont vivement réagi, lundi, à la déclaration de candidature du général Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025, qualifiant cet acte de « parjure » et de « haute trahison » au regard de la Charte de la Transition.

Dans une déclaration rendue publique à Conakry, le collectif d’organisations politiques, sociales et syndicales a estimé que l’actuel chef de la transition, arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2021, « foule aux pieds la Charte de la Transition et les engagements solennels » qu’il avait pris devant le peuple et la communauté internationale.

Les FVG citent l’article 46 de la Charte, qui stipule que le président et les membres du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) ne peuvent être candidats aux élections marquant la fin de la transition. Elles invoquent également l’article 25 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, qui interdit aux auteurs de changements anticonstitutionnels de se présenter aux scrutins rétablissant l’ordre démocratique.

Le mouvement accuse par ailleurs le régime du général Doumbouya d’avoir mené une gouvernance marquée par des violations des droits de l’homme, une instrumentalisation de la justice et une restriction des libertés publiques. Il dénonce notamment « l’assassinat impuni de plus de 60 manifestants, des disparitions forcées et des détentions arbitraires ».

Les Forces vives de Guinée affirment rejeter « avec la plus grande fermeté » la candidature de Mamadi Doumbouya, qu’elles considèrent comme une confiscation du pouvoir par la junte. Elles appellent les citoyens à se mobiliser pacifiquement pour défendre le droit du peuple à choisir librement ses dirigeants.

« Quand un peuple ne défend plus ses libertés et ses droits, il devient mûr pour l’esclavage », conclut la déclaration, appelant à une résistance nationale « dans la dignité et la détermination ».

Un ton de défi qui marque le retour d’une opposition unie face à un processus électoral désormais placé sous haute tension politique.

 

Mohamed Sylla