Le tribunal de première instance de Labé a condamné, vendredi, le maître-pâtissier Alghassimou Diallo à cinq ans de réclusion criminelle pour viol suivi de grossesse, viol et séquestration sur deux jeunes filles.
Il devra également verser 35 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts aux deux victimes.
L’affaire, très suivie par le public, figurait parmi les dossiers les plus attendus des audiences criminelles en cours.
Le condamné, propriétaire d’une pâtisserie réputée de la ville, était poursuivi par deux jeunes filles, dont une ancienne stagiaire de son établissement.
Lors de l’audience, l’avocat de la défense avait tenté de faire comparaître un témoin non cité dans les délais légaux. La juridiction a accepté sa déposition à titre de simple renseignement, mais le témoin avait déjà quitté la salle avant d’être entendu. Le parquet y a vu une fuite délibérée, tandis que la défense a évoqué un retour à l’école pour éviter de manquer les cours.
À la barre, la première victime a raconté avoir été attirée par ruse par son employeur, puis droguée à travers du jus et du yaourt, avant d’être violée et séquestrée pendant trois jours dans les locaux de la pâtisserie, situés au quartier Paraya. Son père a confirmé avoir retrouvé sa fille enfermée dans un bureau après plusieurs jours de recherches.
L’accusé a, pour sa part, nié les faits, affirmant qu’il avait simplement hébergé la jeune fille pour l’aider à poursuivre son apprentissage. Des explications jugées peu crédibles par le ministère public, qui a requis cinq ans de prison.
Le tribunal, présidé par Boubacar 3 Barry, a suivi les réquisitions du parquet, condamnant le prévenu à cinq ans de réclusion criminelle. Il devra verser 15 millions GNF à son ex-stagiaire et 20 millions GNF à la seconde victime.
La défense dispose désormais de la possibilité de faire appel de cette décision rendue en première instance.
Cette condamnation intervient dans le cadre des audiences criminelles ouvertes depuis plusieurs semaines au tribunal de première instance de Labé.
Mohamed Sylla