L’ancien président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila a été condamné à mort en son absence par un tribunal militaire de Kinshasa. Il était notamment poursuivi pour « trahison » et « crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité ».
Dans la longue liste des chefs d’accusation retenus contre l’ex-chef de l’Etat (2001-2019), le procureur a également énuméré des actes de viol, de torture, de déportation, d’homicide et de participation à un mouvement insurrectionnel, pour ses liens supposés avec le groupe rebelle armé M23, soutenus par le Rwanda.
Pour l’accusation, il est « l’un des initiateurs de l’Alliance fleuve Congo (AFC) », branche politique du M23. C’est dans ce contexte qu’il est accusé notamment des cas d’homicides et de viols commis par des hommes de la coalition AFC/M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Peine historique
En exil depuis plus de deux ans, Joseph Kabila, 54 ans, était jugé depuis le 25 juillet par coutumace, c’est-à-dire en son absence et sans défense, devant la Haute Cour militaire de Kinshasa. Il a été reconnu coupable de tous les chefs d’accusation pour lesquels il était poursuivi et condamné à mort, soit une peine historique contre un ancien président de la République congolais.
La peine de mort continue d’être prononcée sans être concrètement appliquée en RDC. Un moratoire sur l’exécution de la peine capitale en vigueur depuis 2003 a été levé en 2024, mais aucune exécution n’a eu lieu depuis.
En fuite
Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la formation de Joseph Kabila, a dénoncé tout au long de la procédure un « procès politique ».
Aucune information n’a été donnée sur l’endroit où se trouve actuellement Joseph Kabila, rendant une arrestation par les autorités congolaises peu probable à ce stade. Il était récemment réapparu dans l’est du pays, dans la zone contrôlée par le M23.
Source : AFP