Accusé de jouer un double jeu avec le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), le président du Bloc Libéral (BL), Dr Faya Millimouno, a rejeté jeudi toute accusation de collusion avec la junte, affirmant qu’il n’est « pas au service d’une junte qui nous a mentis ».
Lors d’une conférence de presse à Conakry, l’opposant a rappelé que le CNRD, arrivé au pouvoir après le coup d’État du 5 septembre 2021, n’a pas respecté ses engagements.
« Je ne suis pas en politique pour être ministre, je vise la présidence », a-t-il déclaré.
Avant de lancer : « On ne doit pas se demander pourquoi Faya parle et on ne l’arrête pas. On doit plutôt se demander pourquoi nous, Guinéens, acceptons que nos enfants soient arrêtés et disparaissent. »
Se disant déterminé à rester dans le pays malgré des menaces, il a insisté sur le sens de son combat.
« Quitter la Guinée parce que je suis menacé, c’est comme si j’abandonnais ce combat. Nous le menons pour le gagner. », a-t-il indiqué.
Contrairement à d’autres partis d’opposition, dont l’UFDG et le RPG Arc-en-ciel, qui appellent leurs militants à boycotter le référendum constitutionnel du 21 septembre, Dr Millimouno a réitéré son appel à voter « Non ».
Selon lui, l’abstention n’est pas une solution.
Il a rappelé plusieurs précédents historiques, notamment les boycotts électoraux de 2001 et 2020, pour dénoncer une stratégie qui, selon lui, n’a fait que renforcer le pouvoir en place.
« Répéter les mêmes erreurs, c’est induire le peuple en erreur. (…). C’est pourquoi je dis au peuple de Guinée : allez voter Non ! C’est la seule façon de dire au CNRD, ça suffit. », a-t-il lancé.
En se démarquant des appels au boycott, Faya Millimouno cherche ainsi à imposer une ligne d’opposition pragmatique, misant sur les urnes plutôt que sur l’abstention pour exprimer le rejet du projet constitutionnel du CNRD.
Mohamed Sylla