À quelques jours du référendum du 21 septembre 2025, le Gouvernement guinéen a publié un communiqué rappelant l’obligation de continuité du service public.
Le texte enjoint les agents non indispensables à la campagne de regagner leur poste dès le lundi 15 septembre à 8 heures.
Mais cette décision, aussi solennelle soit-elle, soulève plus de questions qu’elle n’apporte de solutions.
Depuis le lancement de la campagne référendaire, les couloirs des administrations centrales comme des services déconcentrés se sont vidés.
Dossiers en souffrance, guichets fermés, usagers laissés sans réponses : la mobilisation massive des fonctionnaires sur le terrain politique a plongé l’appareil administratif dans une semi-paralysie.
Pour les citoyens, la promesse d’un service public permanent s’est transformée en parcours du combattant.
Comment espérer que des milliers d’agents, déjà dispersés dans les préfectures pour porter les couleurs du référendum, puissent réintégrer leurs bureaux en un temps record ?
La logistique, le contrôle hiérarchique et même la volonté des intéressés rendent l’application du communiqué illusoire. Les réalités électorales, plus pressantes, semblent avoir pris le pas sur le devoir administratif.
Au-delà du fond, c’est le timing qui interroge.
Pourquoi attendre la dernière semaine avant le vote pour rappeler un principe aussi fondamental que la continuité du service public ?
Le message gouvernemental, diffusé trop tard, risque fort de rester lettre morte face à des agents déjà happés par la dynamique électorale.
Ce cafouillage révèle une faille plus profonde : l’absence d’une séparation claire entre service public et engagement politique.
Tant que les fonctionnaires seront mobilisés comme relais électoraux, l’État s’exposera à une double perte : celle de son efficacité administrative et celle de la confiance des citoyens.
Mohamed N’Diaye