Le président du Bloc libéral (BL), Faya Lansana Millimouno, a exhorté lundi les Guinéens à rejeter le projet de Constitution soumis au référendum du 21 septembre, qu’il a qualifié de « nouvel écran de fumée pour un coup d’État en téléchargement ».
Lors d’une conférence de presse à Conakry, l’opposant a dénoncé un texte qui, selon lui, « ne répond pas aux besoins du pays » et « menace sa stabilité ».
Pour M. Millimouno, la Guinée a besoin d’une Loi fondamentale garantissant « la démocratie, la transparence et l’alternance pacifique ».
Il a accusé le Conseil national de la transition (CNT) d’avoir élaboré « un document destiné à confisquer le pouvoir, consolider un régime militaire et étouffer le peuple ».
Selon lui, le projet concentre « des pouvoirs excessifs entre les mains d’un seul homme », affaiblissant le Parlement et la justice et ouvrant la voie à une « présidence à vie voilée ».
L’opposant s’est également inquiété de l’absence dans le projet de la disposition de la Charte de la transition interdisant aux membres du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), du gouvernement et du CNT d’être candidats aux prochaines élections.
« C’est une répétition du scénario de 2020, un autre coup d’État constitutionnel », a-t-il dénoncé.
Faya Millimouno a appelé les électeurs à voter « NON » le 21 septembre, estimant que ce rejet constituerait « un acte positif pour l’avenir de la nation » et un soutien à « la démocratie, au respect des droits et libertés, et à la lutte contre la corruption et l’impunité ».
Le président de la transition, le colonel Mamadi Doumbouya, avait promis à sa prise de pouvoir, le 5 septembre 2021, qu’« ni lui, ni aucun autre membre du CNRD » ne briguerait une quelconque élection.
Quatre ans plus tard, les critiques comme celles de Faya Millimouno reflètent la défiance croissante d’une partie de la classe politique, inquiète d’un glissement vers la personnalisation et la pérennisation du pouvoir.
Kadiatou Sylla