Le tribunal de première instance de Kaloum a condamné ce mercredi le blogueur guinéen Foid Bah, connu sous le pseudonyme « Haut niveau mondial », à une peine d’un an d’emprisonnement, dont sept mois assortis de sursis, pour injures publiques et diffamation à l’encontre de la chanteuse Djélikaba Bintou Kouyaté, a constaté un journaliste de Conakry Infos.
Interpellé le 9 juillet à Conakry alors qu’il séjournait en Guinée, ce blogueur résidant au Maroc était poursuivi pour avoir publié, via les réseaux sociaux, des propos jugés injurieux et diffamatoires à l’endroit de l’artiste.
Les faits étaient également assortis d’accusations de menaces, qui n’ont toutefois pas été retenues par le tribunal.
Selon l’accusation, le prévenu, autrefois membre d’un fan-club de l’artiste, aurait basculé dans l’hostilité après un désaccord lié à un incident médiatisé. Il aurait ensuite rejoint un groupe rival, publiant à plusieurs reprises des messages offensants visant la chanteuse et ses proches.
Le parquet, estimant les faits graves, avait requis cinq ans de prison ferme pour donner un signal fort à l’endroit des influenceurs et créateurs de contenus actifs sur les plateformes numériques.
De son côté, la partie civile, représentée par Me Salifou Béavogui, s’était contentée de demander le franc symbolique, privilégiant l’aspect moral du litige.
La défense, assurée par Me Sidiki Bérété, a reconnu l’usage d’injures par son client, tout en contestant les faits de menace ou de diffamation.
Le tribunal, présidé par le juge Aboubacar Tiro Camara, a finalement écarté l’accusation de menace, mais reconnu Foid Bah coupable de diffamation et d’injures.
En plus de la peine d’emprisonnement, le blogueur s’est vu interdire toute utilisation des réseaux sociaux à des fins promotionnelles ou artistiques, pour une durée non précisée.
Il a également été sommé de présenter des excuses publiques à la chanteuse dans cinq organes de presse et de supprimer tous les contenus litigieux de ses plateformes en ligne.
Ce jugement intervient dans un climat marqué par la montée des contentieux entre artistes et influenceurs en Guinée, où les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans la gestion de l’image publique.
Mohamed Sylla