Le président de la transition en Guinée, le général Mamadi Doumbouya, a accordé ce vendredi une grâce présidentielle à l’ancien chef de la junte, Moussa Dadis Camara, invoquant des « raisons de santé », selon un décret lu à la télévision nationale.
Cette mesure intervient moins de trois ans après la condamnation de M. Camara à 20 ans de prison pour son rôle dans les massacres du 28 septembre 2009, qui avaient coûté la vie à plus de 150 personnes au grand stade de Conakry, selon un rapport de l’ONU.
Le décret précise que le ministre de la Justice est chargé de son application, sans fournir davantage de détails sur l’état de santé de l’ancien président.
Cette grâce survient dans un contexte politique tendu, notamment en région forestière, fief de M. Camara.
Le général Doumbouya redouble d’efforts pour calmer les tensions dans cette zone stratégique, fragilisée par des divisions ethniques et les récentes violences survenues lors d’une finale de football organisée en son honneur. Dialogues communautaires et initiatives de développement sont engagés pour promouvoir la réconciliation nationale.
Selon des analystes, ce geste pourrait s’inscrire dans une stratégie politique en vue de l’élection présidentielle. Bien que non annoncée officiellement, la candidature de Mamadi Doumbouya semble se dessiner, renforçant son image d’homme de paix et d’unité.
« Cette décision montre une volonté de tourner la page des conflits passés », estime un observateur.
Toutefois, des critiques dénoncent un calcul politique visant à gagner les faveurs de certaines régions tout en évitant des tensions.
En graciant Moussa Dadis Camara, Mamadi Doumbouya combine réconciliation et ambition, traçant une voie qui pourrait redéfinir l’avenir politique de la Guinée.
Mohamed Sylla