Aussitôt ouvert, le procès de l’ex-directeur de l’Office guinéen de publicité (OGP), Paul Moussa Diawara, poursuivi pour malversations financières, a été renvoyé à huitaine par le président du tribunal de première instance de Kaloum, Mohamed Cherif Sow.
Au TPI de Kaloum, quatre personnes étaient inscrites au rôle de l’audience correctionnelle de ce mercredi 04 juillet. Il s’agit de Paul Moussa Diawara, ancien de DG de l’OGP, Inza Bayo, ancien directeur des affaires administratives et financières de l’OGP, Sékou Camara, ancien directeur général de l’Office guinéen des chargeurs (OGC) et Mamadou Saliou Barry, ancien agent comptable de l’OGP.
Tous ces cadres ont été tous démis de leurs fonctions pour malversations financières, avant d’être mis à la disposition de l’agent judiciaire de l’Etat pour engager des poursuites judiciaires contre eux.
En effet, l’ancien de DG de l’OGP, Paul Moussa Diawara est poursuivi pour détournement de 39 milliards 679 millions 25 mille 698 GNF, tandis que l’ex-DG de l’OGC, Sékou Camara s’est retrouvé à la barre pour détournement d’un montant de 25 milliards 491 millions GNF.
Dans leur intervention, les avocats de la défense appuyés par le procureur de la République, Falou Doumlbouya, l’Etat est dispensé de tout paiement de consignation. Ils ont soutenu leur position par l’article 3 du décret portant création, organisation et fonctionnement de l’agent judiciaire de l’Etat.
Quant aux avocats de la défense, ils s’opposent à l’argument de la partie civile, exigeant le paiement de la consignation par l’Etat.
« Dans le classement de la hiérarchie des textes de lois, l’article 460 du code de procédure pénale est au-dessus du décret. Ce qui stipule que l’Etat doit payer la consignation (…) », soutiennent les avocats de la défense.
Après plus de deux heures de débats parfois houleux entre les avocats de la partie civile et ceux de la défense, le président du tribunal de première instance de Kaloum, Mohamed Cherif Sow a suspendu l’audience qui a été renvoyée à huitaine (le mercredi 11 juillet 2018).
Au sortir de la salle d’audience, les deux groupes d’avocats se sont prêtés aux questions des journalistes dont celui de Conakryinfos.
Me Mohamed Traoré, avocat de la défense : « Nous estimons que l’article 460 qui est un texte d’ordre général n’a fixé aucune dispense ».
Contrairement à la partie civile qui estime que ce débat là sera tranché à leur faveur, parce que : Pour ce qui est de l’Etat, vous avez la dispense, a soutenu
Me Lanciné Sylla, avocat de la partie civile : « Il n’y a aucun conflit de loi entre le décret et l’article 460 ».
Paul Moussa Diawara et ses coaccusés reviendront à la barre le mercredi 11 juillet pour se défendre des accusations de malversations financières portant sur plusieurs milliards de francs guinéens.
Boubacar Sidy Bah
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