Belgique : Une expulsion collective d’immigrés guinéens annoncée pour ce 28 septembre

[dropcap]A[/dropcap] l’initiative de l’Agence européenne en charge du contrôle extérieur des frontières, la Belgique a affrété un vol pour rapatrier sur Conakry plusieurs immigrés guinéens en situation irrégulière dans certains pays européens, notamment la Suisse.

Une expulsion collective de Guinéens organisée par la Belgique qui aura lieu ce mercredi 28 septembre. Or, toute expulsion collective est illégale. Puisque violant le protocole n° 4 de Convention européenne des droits de l’homme.

Une information corroborée par le porte-parole du gouvernement qui s’exprimait dans l’émission à grande écoute Les Grandes Gueules.

« Effectivement, il y a des guinéens qui doivent être rapatriés. Il semble que toutes les conditions ne soient pas réunies sur la procédure sur laquelle nous nous sommes entendus avec certains Etats européens. Donc, les mesures sont en train d’être prises pour faire de telle sorte que s’ils doivent être rapatriés effectivement, que les règles que nous avons signées soient respectées », a indiqué Albert Damantang Camara.

Fort des engagements internationaux et conscient du fait de ne pas pouvoir astreindre un Etat à accepter -sur son territoire- des étrangers qui ne sont pas en situation régulière au regard du droit de celui-ci, le ministre de l’Enseignement technique, de la formation professionnelle et travail a indiqué que de la même manière que la Guinée ne peut pas accepter sur son territoire que des citoyens étrangers séjournent sans être dans une situation régulière, « on ne peut pas imposer à un autre Etat d’accepter des guinéens qui, au regard du droit, ne sont pas en situation régulière », a-t-il tranché.

Selon Marie Yvonne Maersk, activiste des droits de l’homme, militante au sein de la Coordination pour les réfugiés contre les expulsions et régularisations, ils sont 11 guinéens à être concernés par cette expulsion de Belgique et 6 de la Suisse. Une liste non exhaustive.

« Ce sont des personnes qui sont installées en Belgique ou dans d’autres pays européens depuis parfois plusieurs années, qui ont toutes intenté une procédure pour régulariser leur séjour, mais qui sont restées au bout de cette procédure. Aucune de ces personnes n’est criminelle, dealer ou en infraction avec des lois pénales en Belgique », a précisé l’activiste qui interpelle les autorités guinéennes sur leur responsabilité.

En 2014, pareille expulsion collective avait été refusée par la Guinée qui n’a pas accepté que l’avion militaire transportant les expulsés atterrisse à Conakry.

Mady Bangoura

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Conakryinfos.com