Tougué: Le préfet reconnait avoir giflé le directeur d’école pour le sauver de la vindicte populaire

[dropcap]L[/dropcap]e surlendemain de la fête de Tabaski, le directeur de l’école primaire du district de Bolet, Tamba Michel Kamano a été victime de la colère du préfet de Tougué qui lui reprochait d’avoir retardé son repas dans une salle de classe, alors qu’il présidait à un tournoi de football organisé en son honneur.

Devant cette situation, le préfet a administré deux paires de gifle au directeur d’école qui n’a eu que les yeux pour pleurer devant le premier responsable de cette préfecture, relavant de la région administrative de Labé.

Face au tollé provoqué par cette affaire, le préfet de Tougué, Elhadj Abdourahmane Baldé dit « Djon Koïn » s’est finalement prononcé sur cette affaire qui a défrayé la chronique dans la cité.

« C’est vrai que le mercredi, j’ai giflé le directeur de l’école primaire de Bolet au terme de la finale d’un tournoi de football organisé en mon nom par la jeunesse de Bolet. Après que la finale a été jouée, le directeur de l’école primaire de Bolet a laissé jusqu’à ce que les organisateurs ont amené les repas des invités dans la salle de classe, il s’est précipité pour venir cadenasser la porte, tout en disant que personne n’entrera dans la salle de classe. Il est reparti et les jeunes l’ont cherché partout, mais en vain. Au retour du terrain, nous avions trouvé que la porte était fermée. Les jeunes ont passé par un de ses parents qui est infirmier pour qu’il le prie, afin que les jeunes reçoivent la clé pour pouvoir ouvrir la porte afin de récupérer les repas », a-t-il expliqué.

« Peut de temps après, il est venu là où nous étions. Moi-même (le préfet) je lui ai demandé pourquoi il avait fermé la porte de la salle de classe ? Il avait ses mains dans les poches avant de me répondre qu’il était le premier responsable de cette école. Directement je lui ai répondu que je le savais déjà. Tout au tour de moi, j’ai senti que les jeunes voulaient le frapper. J’ai fini par comprendre que la seule façon de le sauver était de le gifler. Je lui ai donné une paire de gifles. C’était la seule stratégie pour sauver sa vie, car j’avais compris que sa vie était menacée », a soutenu le préfet de Tougué.

À noter que le préfet de Tougué a reconnu avoir giflé le directeur de l’école primaire de Bolet, Tamba Michel Kamano, pour lui donner un semblant de correction devant une foule en colère qui voulait coute-que-coute le battre.

Ramatoulaye Bah correspondante régionale à Labé.

Tel: 628 887347