Tougué: Le préfet gifle violemment un directeur d’école pour avoir retardé son repas

[dropcap]A[/dropcap] l’intérieur du pays, surtout dans les préfectures, les administrateurs territoriaux se comportent comme de « petits rois » se croyant tout permis. Ils agissent comme bon leur semble au grand dam des citoyens qu’ils dirigent.

Dans la soirée du mercredi 14 septembre, le préfet de Tougué, Elhadj Abdourahmane Baldé dit « Djon Koïn » a violemment administré deux paires de gifles au directeur de l’école primaire du district de Bolet, Tamba Michel Kamano.

De sources concordantes, tout est du retard du service du repas au préfet et à sa suite qui assistaient un tournoi de football doté d’un trophée portant son nom, organisé par la jeunesse de Bolet.

En effet, le directeur de l’école s’est rendu coupable d’avoir cadenassé la salle de classe dans laquelle se trouvait le repas réservé aux hôtes.

Joint au téléphone par Conakryinfos, le jeune directeur d’école a accepté de nous raconter sa mésaventure.

« Je suis Tamba Michel Kamano, directeur de l’école primaire de Bolet. Mercredi soir, le préfet de Tougué s’est rendu à Bolet pour assister à un tournoi de football. Vers 19 heures, j’ai vu la lumière dans l’une des salle de classe de notre école. Immédiatement, je m’y suis rendu pour comprendre ce qui s’y passe. A mon arrivée dans la salle, j’ai trouvé trois jeunes que j’ai demandé pour savoir ce qu’ils faisaient dans la salle, car ne sachant pas qu’on avait mis dans cette salle le repas du préfet et sa suite. Je leur ai demandé pourquoi ils ont ouvert la porte sans mon consentement, c’est en ce moment qu’ils m’ont répondu en ces termes à haute voix: « quitte là-bas; fous le camp ». A ces mots, je suis ressorti pour aller chercher à la maison les cadenas avec lesquels j’ai fermé la salle. Mais, dans tout cela, je ne savais même pas qu’il y avait un coup monté contre moi », a-t-il expliqué.

Selon le jeune enseignant, il a été également brutalisé par la femme du préfet, son garde du corps et un groupe de jeunes.

 » Dès que j’ai fermé la porte, un groupe de jeunes est venu me demander de leur donner la clé. Comme le préfet était arrivé, j’ai accepté et ils ont ouvert la porte pour laisser le préfet et sa suite entrer dans la salle. Quelques minutes plus tard, le préfet a demandé qu’on m’appelle. Dès que je suis arrivé, il m’a demandé si c’était moi qui avais dit qu’il n’avait pas le droit d’entrer dans la salle ? Je lui ai répondu NON. C’est en me justifiant qu’il m’a donné une paire de gifle. Après cela, je me suis dit de sortir. Soudain la femme du préfet et certains jeunes de la commune urbaine m’ont attrapé, et sur instruction du préfet, son garde aussi m’a barré la route. C’est en ce moment que le préfet de Tougué m’a violemment administré la deuxième paire de gifle », a ajouté M. Kamano.

Joint au téléphone pour avoir sa version des faits, le préfet de Tougué, Elhadj Abdourahmane Baldé dit « Djon Koïn » a affirmé n’avoir aucune version à donnée sur cette affaire. Il a plutôt demandé de se référer à notre source d’information et de s’en tenir à ce que cette dernière nous a révélé.

Ramatoulaye Bah correspondante régionale à Labé

Tel:  628 887347