[dropcap]L[/dropcap]e Président Alpha Condé est réélu avec un pourcentage honorable pour un nouveau quinquennat. Alpha Condé est réélu à la grande joie des militants et sympathisants du RPG Arc-en-ciel. Cette victoire dénommée « un coup K.O » sonne la fin d’un marathon infernal des deux tours et ferme la voie aux querelles politiques.
La renaissance d’un parti, la réhabilitation d’un homme longtemps diabolisé et la mise à l’agonie d’une opposition jusque-là sûre d’elle. L’élection qui vient de se passer a permis aux Guinéens de connaître réellement celui qui a le destin du pays en main. Le Pr Alpha Condé était méconnu des Guinéens. Sa peinture faite par les régimes précédents n’était pas faite pour être adoré et choyé : méchant, revanchard, pingre, avare, anti-guinéen… Alpha était un monstre prêt à dévorer les Guinéens et à faire précipiter la Guinée dans le feu de l’enfer. Tout était donc organisé et mis en place pour le dénigrer et nier l’existence de celui qui est aujourd’hui maître de la situation
Cinq après, voilà Alpha Condé qui s’enlève la peau de panthère qui lui avait été collée, pour en filer celle de l’agneau adorale. « Le démon » d’Alpha s’est transformé en un ange. Pendant soixante mois, l’homme s’est présenté dans toute sa dimension pour dire aux guinéens, qu’Alpha Condé tel que présenté par le régime Sékou Touré et celui du Général Lansana Conté, n’est pas lui. Qu’Alpha Condé décrit par le putschiste Moussa Dadis Camara, n’est pas lui. Le vrai Alpha Condé, c’est celui qui est devant eux. C’est celui qui a prêté serment le 21 décembre 2010. C’est celui qui gère aujourd’hui la Guinée. C’est celui qui a apporté la lumière aux Guinéens, c’est celui qui a diminué les prix des denrées de premières nécessité et augmenter les salaires des travailleurs. Oui, c’est celui qui est entrain de transformer la Guinée en douceur.
L’autre leçon à tirer, c’est la renaissance et le repositionnement au sommet d’un parti qu’on croyait effacer du paysage politique. Deux fois candidat malheureux aux élections présidentielles avec à la clé l’emprisonnement de son leader, le RPG renaît de ses cendres et devient le premier parti politique du pays après quinze ans d’hibernation. Cette formation politique autrefois taxée de communautariste pilotée à quatre-vingt pour cent par la coordination mandingue, est aujourd’hui un parti national de référence. Le RPG Arc-en-ciel regroupe désormais en son sein tous les Guinéens après un travail de fond. Il s’est hissé au sommet et s’impose. Comme pour dire c’est l’union qui fait la force. Une ethnie ne peut à elle seule remporter les élections. Et RPG Arc-en-ciel l’a compris.
La dernière leçon, c’est la perte en vitesse d’une opposition jusque-là confiante et sûre. Cellou Dalein et ses amis ont passé cinq ans à se taper la poitrine et à se complaire dans les revendications. Ces leaders de l’opposition ont passé près de 60 mois dans la rue avec leurs militants. Marches, boycotts, journées ville-mort, grèves, meetings sur les places publiques et que sais-je encore, ont été les jeux favoris de Cellou, Sidya, Kouyaté et leur bande. Au lieu de descendre sur le terrain à la quête et la remobilisation des militants, ils ont passé leur temps à calculer comment fragiliser le régime et saboter les actes posés par le Président Alpha Condé. Toujours dans la peau des grands technocrates, ces anciens premiers ministres de Conté, ont minimisé la force de frappe du vieil opposant, en croyant que sa victoire de 2010, est un coup de hasard appuyé par le régime de la transition. Une erreur d’appréciation qui leur coûte aujourd’hui très cher. Toujours d’accord sur leur désaccord, les leaders politiques de l’opposition guinéenne ont été frappés par leur esprit de suffisance et amateurisme politique.
Cette élection qui vient de passer est celle d’une Guinée qui s’est réconciliée avec elle-même. Une Guinée qui s’est retrouvée.
Louis Espérant-Célestin
Conakryinfos.com